La phase d’observation
Fraîchement débarqué sur la canebière après mon transfert de Caen à Marseille, je découvre un club mythique au passé glorieux. Je pense que cette équipe me convenait particulièrement bien en raison de mon tempérament de compétiteur. J’observe énormément mon nouvel environnement en écoutant les conseils des anciens, cadres de l’équipe et bien entendu d’Albert Emon, le nouveau coach de l’OM.
Mon premier but
J’ai la chance de vivre un début de saison extraordinaire avec de bons matchs amicaux où je suis régulièrement titulaire et mon intégration quasi-parfaite. Nous entamons la coupe intertoto dès le mois de juillet face aux formations de Dniepropetrovsk ou encore Berne. J’inscris d’ailleurs mon premier but de la tête sous les couleurs olympiennes en Suisse mais je suis vite refroidi par une expulsion heureusement sans conséquence. Mais je suis déçu de mon comportement car je ne suis pas un joueur conflictuel.
Des débuts tonitruants
Parallèlement, le coup d’envoi du championnat est donné le 6 août à Sedan dans une ambiance survoltée. Nous ramenons un bon point qui augure une série de victoires impressionnante. Notre défense est complètement imperméable et nous restons invaincus lors des 4 premières journées. Seuls 2 penaltys très litigieux viendront à bout de celle-ci : Au Parc des Princes et contre Bordeaux.
Rennes (2-0), Auxerre (3-0), Le Mans (2-0), PSG (3-1) et Bordeaux (2-1) sont nos victimes. Mention spéciale pour mon premier classique « PSG-OM » avec à la clé un match somptueux et une victoire sur l’ennemi juré de l’OM sur sa pelouse. Je n’avais encore jamais connu une telle ferveur autour d’une rencontre. Les supporters parlent de moi de manière positive, ce qui renforce ma confiance. A ce moment, l’OM rayonne. Seul Nantes viendra contrarier notre parcours lors des 10 premières journées en nous infligeant une courte défaite à la Beaujoire.
Les coups d’arrêt
Le premier tournant de la saison se jouera au Stade Bollaert à Lens où, alors que nous menions 1-0 fort logiquement, l’arbitre central siffle un pénalty imaginaire à la dernière seconde. Ce résultat nul injuste laissera une plaie psychologique importante alors que nous nous apprêtions à recevoir l’OL.
Un engouement immense surgit pour ce grand choc entre le 1er et le deuxième. C’est la 1000ème de Canal +. Nous ne serons pas à la hauteur de Lyonnais plus aguerris à ce genre de pression. Résultat sans appel : 1-4. Il s’agit d’une grosse désillusion mais les supporters ne nous en tiennent pas rigueur.
La première crise couve et finira par arriver au soir de notre 4ème défaite consécutive en championnat face à Lorient. Nous terminons difficilement la phase aller sans Ribéry, blessé avec des résultats en dent de scie : victoire à domicile, défaite à l’extérieur.
La trêve hivernale
Personnellement, je trouve inquiétant que nous ne parvenions pas à retourner une situation mal engagée. Dès que nous encaissions un but en premier, nous étions incapables de nous révolter. C’est d’ailleurs pour cela que le stage à Dubaï pendant la trêve était le bienvenu. Il fallait que le groupe se retrouve pour solutionner ce problème et nous repositionner. Cette mise au point porte ses fruits immédiatement avec des victoires à Rennes et contre l’AJA. Débute alors la « Ribery-Cissé » mania qui sont adulés par les supporters. Nous entrons en lice en coupe de France. Notre parcours sera magnifique avec notamment une belle victoire face à l’OL en fin de match.
L’OM chute inexorablement
Mais c’est l’arbre qui cache la forêt car, à ce moment de l’année, notre jeu est pauvre et délié. La nouvelle blessure de Ribéry nous fait très mal. Une défaite face à Lens au Vélodrome viendra même mettre en cause l’équipe dirigeante. Les supporters sont cette fois très furieux. Nous rencontrons certains d’entre eux. Le débat est houleux mais constructif. Il sera bénéfique pour la suite car il va booster l’équipe et nous permettre d’arracher un petit point à Gerland où nous aurions pu l’emporter. Nous restons encore irréguliers en alternant victoire à domicile et défaite à l’extérieur, et ce jusqu’à la réception de Lille pour un match à 6 points. Nous atomisons littéralement un Losc impuissant (4-1).
Une dernière ligne droite tonitruante
Cette victoire face aux Nordistes fait le plus grand bien au groupe et replace l’OM dans la course à la Ligue des Champions. De plus, nous parvenons à nous hisser en finale de la coupe de France en battant Nantes 3-0. Le moral est au beau fixe. D’autant que nous avons la chance de recevoir 2 fois de suite en championnat. Nous faisons le plein face à Sochaux (4-2) et Troyes (2-1).
La finale
11 mai 2007, rendez-vous au Stade de France pour tous les Marseillais pour affronter Sochaux en finale de la coupe de la Ligue. Une fête gigantesque nous attend dans un stade blanc et bleu ciel. C’était la troisième fois que je parvenais en finale d’une coupe après celles disputées avec le Stade Malherbe (défaites 2-0 en Gambardella face à Metz et 2-1 face à Strasbourg en coupe de la Ligue). Nous jouons face à une belle équipe de Sochaux que nous avions battu quelques jours plus tôt. Nous avons la chance d’ouvrir la marque très rapidement grâce à Cissé. Mais ce but change la physionomie du match et les Doubistes reviennent à la marque logiquement peu avant le terme de la rencontre.
Prolongations. Même scénario. Nous prenons l’avantage d’entrée avant que Sochaux n’égalise à 2 minutes de la fin du match. Les tirs aux buts resteront pour moi le moment le plus cruel de ma jeune carrière car en manquant mon pénalty, Sochaux l’emporte. Une énorme déception personnellement à laquelle viendra se greffer une blessure qui me tiendra écarter des terrains jusque la fin de la saison.
La qualification en Ligue des Champions
Malgré la déception, nous devons remettre le bleu de chauffe afin d’assurer la qualification en C1. Mais la tâche s’annonce difficile avec un déplacement à Geoffroy-Guichard où l’OM a les pires difficultés à l’emporter. Pourtant, au terme d’une rencontre sérieuse et appliquée, c’est mon pote Valbuena qui offre à l’OM la victoire et par la même une qualification directe en Ligue des Champions. L’objectif du club est enfin atteint. Nous terminons par un stage au Maroc avant que chacun ne parte en vacances. Des vacances bien méritées.