La préparation : Quand tout commence mal… 

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Dès l’intersaison, l’OM s’est considérablement renforcée dans l’axe de la défense avec les arrivées de Givet et Faty. La venue de Gaël Givet laisse bien sûr penser que les dirigeants veulent reconstituer la performante paire monégasque Rodriguez-Givet. Mais cela ne m’impressionne guerre puisque quand on joue à l’OM, la concurrence est forcément forte. Et c’est dans la difficulté que chacun s’améliore.

Seulement, d’un point de vue personnel, ma vie va basculer quand j’apprends que Nico, mon meilleur ami est atteint d’une maladie grave. Je reste à son chevet dès que je le peux. Une situation extrêmement difficile à vivre psychologiquement puisque je ne pouvais rien faire pour l’aider à vaincre. La tête n’y était donc plus vraiment…


13145.jpgReprise du championnat : L’OM pointée du doigt

Le calendrier nous expédie dès la 1ère journée en Alsace pour affronter le promu strasbourgeois, l’objectif étant de prendre les 3 points et de confirmer les prometteurs matchs amicaux. Mais nous ne reviendrons qu’avec le point du match nul (0-0). Mais nous ne parvenons pas à enchaîner par une victoire face à Rennes pour la 1ère au Vélodrome. Notre jeu est vraiment très moyen et pas du tout en rapport avec le potentiel de l’équipe. La presse commence à tirer à boulets rouges sur l’OM. Nous décrochons notre 1ère victoire étriquée à l’issue de la 5ème journée à Caen (1-2). Je rentre en jeu pour la première fois de la saison.


L’éviction d’Albert Emon

Alors que la Ligue des Champions approche à grand pas, les contre-performances s’accumulent en championnat. A titre individuel, Albert Emon me replace sur le côté droit de la défense. J’en profite pour inscrire mon 1er but en Ligue 1 sous les couleurs de l’OM face à Toulouse. Un but qui n’empêchera pas la défaite. Dans la foulée, nous recevons les Turques du Bésiktas Istanbul. L’état d’esprit est tout autre avec à clé une belle victoire 2 à 0. Mais c’est l’arbre qui cache la forêt. Nos résultats en L1 sont pathétiques et la direction de l’OM décide de se séparer du coach au soir de la défaite à Auxerre pour redonner un élan au groupe. J’en suis vraiment attristé car Albert Emon était vraiment très (trop ?) humain avec nous. J’en profite donc pour lui réitérer mes remerciements pour tout ce qu’il m’a appris et la confiance qu’il a su m’accorder.


Eric Gerets in13710.jpgtronisé : une main de fer dans un gant de velours

Pape Diouf décide de faire confiance à Eric Gerets pour reprendre les rennes de l’équipe. Un changement radical puisque le discours du nouveau coach Belge est à l’opposé de celui d’Albert. Il utilise des mots assez durs en insistant sur le fait qu’il est venu pour gagner des titres. Pas de place donc pour la figuration, pas de cadeau et pas de star.

Le coach pose un certain nombre de conditions comme le repos obligatoire le midi et l’arrivée à la Commanderie une heure avant l’entraînement. Ses propos stricts vont se retranscrire dès les premières séances avec une multitude d’ateliers très physiques.


12920.jpgLa victoire historique à Liverpool

Pour sa première aux commandes de l’OM, Gerets a fort à faire : Liverpool ! Un stade mythique où aucune équipe française ne s’était encore imposée. Je participe pour la première fois de ma carrière à la ligue des champions à Anfield Road, théâtre des plus grandes gloires européennes Liverpuldiennes qui entonne un « You’ll never walk alone » vraiment émouvant. Nous jouons là notre meilleur match de la saison, Valbuena parvient à expédier un missile dans la lucarne pour ce qui restera une victoire historique (0-1). Un véritable paradoxe : nous sommes avant derniers en championnat et leader de notre groupe en Ligue des Champions.


La rechute puis le déclic Lyonnais

14539.jpgLe championnat reprend ses droits et nous ne parvenons pas à nous extirper de la zone de relégation malgré une victoire face à Lens au Vélodrome. Performance vite anéantie par une véritable parodie de football à Sochaux où nous marquons deux buts contre notre camp signés moi-même et Bonnart. Les critiques fusent et j’en suis le premier visé. Et il faut bien avouer que dans chaque critique figure une part de vérité. Dans la continuité, nous jouons Porto deux fois consécutivement. Un nul heureux au Vélodrome (1-1) et une défaite injuste au Dragao remettent en cause notre billet pour les 1/8èmes de finale. Puis arrive, je pense, le tournant de notre saison : le déplacement à Gerland pour affronter le sextuple champion de France. Le coach reçoit les joueurs ligne par ligne pour remobiliser tout le monde. Je rentre en cours de jeu côté droit en raison de la blessure de Givet. Nous réussissons un grand match ponctué par une victoire indiscutable qui remet le vrai OM sur les rails de ses objectifs initiaux malgré un classement encore bien insuffisant. Pour ma part, je parviens à museler le Ben Arfa des grands moments.


Du mieux en L1 et la douche froide en LDC

Nous progressons nettement en championnat avec un bon match nul à Bordeaux 2 à 2 où après avoir mené deux buts à zéro, nous nous sommes fait rejoindre sur le fil après un match d’une grande qualité technique. Je réintègre d’ailleurs le onze de départ à Chaban-Delmas. Alors que tout va pour le mieux, un match décisif nous attend au Vélodrome face à Liverpool. L’enjeu : une place en 8ème de finale de la Ligue des Champions. Nous passons complètement au travers, la bande à Steven Gerrard en profite pour nous humilier sur notre propre pelouse (0-4).


13174.jpgDes promesses gâchées par une blessure

Lors du mercato hivernal, j’exprime auprès des dirigeants mon envie de jouer un peu plus. A 22 ans, je ne peux pas rester sur le banc toutes les semaines. Le coach me rassure, il compte réellement sur moi. Pour preuve, il me fait débuter pour la nouvelle année à Beauvais pour le compte des 32ème de finale de la coupe de France. Je suis associé dans l’axe à Lety N’Diaye. Un tandem gagnant puisque nous n’encaissons pas de but (2-0). Mais ce bonheur sera de courte durée puisque je me blesse à l’entraînement à la cuisse gauche. Je suis très déçu d’autant que je revenais bien mais je relativise et je me dis que je dois rapidement relever la tête pour mon ami défunt. Je m’investis donc plus que jamais dans le programme de rééducation concocté par le kiné. Je reviens très fort et revanchard pour le match à Nancy… mais je n’entre pas en jeu. Qu’à cela ne tienne, la réception de Caen, mon club formateur, approche et le coach me demande de me tenir prêt pour jouer. Ma motivation est extrême. Malheureusement, je suis victime d’une rechute qui cette fois me met un gros coup derrière la tête.


Caen atomisé, Elliot explose

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J’assiste donc au match face à Caen dans les tribunes. Caen parvient à ouvrir la marque d’entrée de jeu et double la mise par Toudic. Mais le but est refusé injustement… et ce sera le signe de croix d’une formation normande mise au supplice par nos attaquants. Un véritable récital dont Valbuena sera le maître nôme avec deux buts venus d’ailleurs. Le 1er but sera même finalement déclaré comme le plus beau but de l’année. Score final 6 à 1, un coup de tonnerre et un avertissement à tous nos adversaires qui se présenteront chez nous. Parallèlement, nous accueillons Monaco en 16ème de finale de la coupe de France où un joueur se fait particulièrement remarqué pour son premier match. C’est un ancien malherbiste aussi, Elliot Grandin est certainement le meilleur joueur sorti du centre de formation caennais. Résultat, un but et une passe décisive ! Avec une qualification à la clé (3-1).


13428.jpgLa fin des coupes

L’hiver, si prolifique en championnat, l’est beaucoup moins des les différentes coupes. Elimination dès le second tour en coupe de la ligue à Auxerre où nous n’avons pas existé. Puis, après avoir éliminé Moscou en UEFA, nous butons sur le Zenit Saint-Pétersbourg, futur vainqueur. Nous perdons la qualification au Vélodrome où nous aurions dû l’emporter par 6 ou 7 buts d’écart. Pour ma part, c’est un souvenir mitigé car je faisais mon retour après deux mois d’absence et je manquais encore de rythme. Je me souviens encore de l’accélération d’Arshavin … ayant amené le but russe.

Mais le pire viendra la semaine suivante. Lors du tirage au sort des 8ème de finale de la coupe de France, nous étions tous heureux de rencontrer le petit poucet Carquefou. Nous étions tous prévenus qu’il fallait se méfier de cette équipe amatrice qui avait sorti Nancy au tour précédent. Pourtant, nous nous sommes fais complètement ridiculiser aux yeux de toute la France en chutant lamentablement. Un match n’est jamais gagné d’avance, la preuve. Une piqûre de rappel qui restera pour moi l’une des plus grandes déceptions de ma jeune carrière.


Le sprint final

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A l’aube de la 30ème journée, nous sommes toujours en course pour l’obtention de la 3ème place. Notre concurrent principal est Nancy, auteur d’un parcours somptueux mais un peu à bout de souffle. Nous manquons l’opportunité de les rejoindre à plusieurs reprises en concédant 4 défaites à domicile sur 5 tentatives. Heureusement, nous sommes impériaux à l’extérieur et Nancy ne gagne plus. A deux journées de la fin, nous concédons une nouvelle défaite face à Bordeaux. Pour moi, à ce moment, la messe est dite. Il reste deux matchs au Mans et face à Strasbourg. 0 Léon-Bollée, je réalise d’ailleurs mon meilleur match de la saison et suis élu homme du match par le journal L’Equipe. Mais nous ne parvenons pas à nous imposer et ne profitons pas du faux pas nancéen à Lyon.

Le dernier match sera enfin très représentatif de notre saison : une rencontre complètement folle au cours de laquelle nous sommes passés par toutes les émotions. Mais le chassé-croisé perpétuel avec les Strasbourgeois n’aura jamais eu raison de nos sublimes supporters. Une victoire 4 à 3 conjuguée à la défaite inattendue de Nancy face à Rennes qui nous propulse en Ligue des Champions. Un objectif avoué et atteint in-extremis.